La poésie haïtienne contemporaine

Lorsque William Saroyan, auteur de The human comedy, exprimait, au seuil de la mort, cette quête perpétuelle de l’immortalité voulue par l’homme en déclarant: “Tout le monde doit mourir, mais j’ai toujours cru que l’on ferait une exception pour moi. Que faire maintenant?”, il ne faisait guère allusion aux écrivains haïtiens qu’il ne connaît peut-être pas. Cependant, le ton et l’idée évoquée dans cette phrase correspondent si bien à la plupart de nos aînés qu’on aurait tendance à les y voir debout. Il est évident, si l’on se réfère à la littérature haïtienne actuelle, que la plupart de nos “vieux poètes” se comportent en “rois et patriarches”. Notre littérature a plutôt besoin d’une force langagière, d’une intelligence libérée afin de connaître enfin le plaisir d ‘être lue par des millions de lecteurs étrangers en quête de nouvelle vague. La génération des années ’80 (sous-entendons les années 80 à 97) est riche en poètes de qualité, que ce soit en Haïti ou dans la diaspora. Cet atout littéraire élimine dès lors toute difficulté majeure à percer ailleurs, à faire autorité dans d’autres milieux littéraires et aura permis, entre autres, de participer aux fausses joies de l’illusion qu’offre la page blanche à remplir.

Le fil du rasoir: les mots

Depuis surtout Dialogue de mes lampes (1941) de Magloire Saint-Aude et La nuit (1956) de Jean Brierre, une poésie nouvelle est née en Haïti et ce, sous le signe des mots libres et précieux. Parmi les tenants de cette nouvelle tendance aux mots symboliques des causes, sympathiques à l’éclosion de la poésie des sens, on peut, de prime abord, compter sur la poésie en série de Jacqueline Beaugé-Rosier qui a publié en 1962 Climats en marche, A vol d’ombre (1966), Les cahiers de la mouette (1983) et D’or vif et de pain (1992), son plus beau recueil de poèmes. Murmures de rêves et de rires, discours sur ses folles années de jeunesse, immenses saisons d’amour, contes d’une Caraïbe en détresse dans l’autre monde. Ce dernier livre est un “vaste chant né de la Parole profonde”, et nous le saluons. Dans une atmosphère presque naturelle, ils vont et viennent les mots de tous les jours, reprennent tous les beaux rêves de la poétesse, dans un langage où les légendes caraïbéennes sont à la foulée et à la merci de son imagination.

Par contre avec Jacques Rey Charlier, le “vagabondage de l’imagination” a vraiment pris un coup. Ses deux recueils de poésie, Le scapulaire des armuriers (1976) et La part des pluies (1977), sont deux solides recueils de mots où la parole n’est pas toujours libérée. Le scapulaire des armuriers (1976), “coiffé d’un saisissement obscur”, est le livre révélateur de l’infortune, un recueil mystérieux bourré d’images immaculées, et au pied duquel l’accès n’est point partagé. La part des pluies (1977) nous rappelle d’avantage l’écriture subconsciente des surréalistes, d’un surréalisme sec, dur comme l’ivoire.

Les relaxations poétiques vertigineuses de Jacques Rey Charlier nous portent à mesurer l’aspect “fantasque et divaguant” de son œuvre. Avec lui, c’est la longue et lente agonie des mots et de l’expression, le retour à la figuration, à des images inspirées de la jonction du monde et des apparences, des précipitations et des barrières.

Le poète est “tout entier à son rêve intérieur, tendu vers un destin dont lui seul connaît la nature”. C’est un grand surréaliste dont la pensée – comme celle de Saint-Aude d’ailleurs- se révèle volontairement close. Dans des poèmes bien bâtis, musclés et déroutants, profondément marqués par la sensibilité contemporaine, il nous entraîne dans un univers hallucinant et jamais vu. Poésie éventrée et inventée, pleine d’assise, et où le rêve s’abouche à la vie imaginaire de notre époque.

La lecture de ses deux recueils de poésie nous permet définitivement de constater l’importance que leur auteur accorde à l’exécution des mots grandiloquents, à la présentation de silhouettes sans passé. Il nous est en tout cas impossible de ne pas penser à la désinvolture inverse de ses pièces et à l’hermétisme qui les empare. Un superbe exercice de style d’une beauté sans contretemps ; un désespoir plus apparent que celui de Magloire Saint-Aude.

Eddy Arnold Jean, de son côté, a publié plusieurs recueils de poésie dont Boyo au soleil (1969) à l’âge de quinze ans, Symphonie du nouveau monde (1971) et Horaire du Vent (1984). Comme critique littéraire, il a fait paraître plusieurs essais dont les Cahiers de littérature haïtienne (7 tomes), Pour une littérature haïtienne nationale et militante (1975), en collaboration avec Justin O. Fièvre, et tout récemment l’un des plus beaux essais sur la littérature haïtienne contemporaine, Paroles en liberté (1992), en collaboration avec le professeur Jacquelin Dolcé décédé depuis octobre 1997.

En 1984, lors de la parution de Horaire du vent, Cauvin L. Paul disait d’Eddy Arnold Jean : <<Ce garçon de 30 ans qui a la tête pleine de livres est un “monstre” naissant de la littérature haïtienne. Il veut tout dévorer à la fleur de l’âge.>>

Horaire du Vent, publié à New York aux Éditions Jacques Soleil, est un recueil de qualité tant par la forme esthétisante que par le caractère fondamental qui l’habite. Un mini-chef-d’œuvre de la littérature de combat, un florilège d’une âme renversée…

Eddy Arnold Jean est un fin artisan des mots. Il sait saisir l’âme du lecteur pour la jeter en supplice aux vibrations frénétiques qu’engendrent ses poèmes. Ceux-ci semblent naître non seulement d’un esprit “battu des tempêtes”, mais d’un écrivain enchanteur pourvu d’un riche talent de poète. La qualité de ses textes ainsi que leur liberté d’expression nous somment à traduire ou à invoquer une “libération perpétuelle de soi-même” chez un grand poète. Bien que les années précédentes fussent celles de la crise métaphysique observée chez Eddy A. Jean, la grande poésie, formelle ou secrète, y rejoint toujours la grâce tardive appropriée à son langage, et cristallise le poème dépouillé de son ombre infinie.

Il y a dans la poésie d’Eddy A. Jean la même force poétique qu’on rencontre chez un Arthur Rimbaud, mais de surcroît imbriquée dans le toucher lunaire qui ne communique pas bien souvent au lecteur la chaleur désirée. La mort, le sang, la douleur, la misère, la vigilance ainsi que l’amour touchent à leur paroxysme dans le combat total qu’avise de mener le poète.

Qui d’autre qu’Eddy Arnold Jean aurait rejoint Rimbaud, Lautréamont ou Baudelaire ? Qui d’autre dirait que “c’est Dieu qui déchoit et nous avec lui” ou que “c’est en Dieu mon idéal de songe-creux / c’est en Dieu la déchéance de mon mouvement ” ? Cette mort de Dieu que le poète voit dans sa déchéance, ce mouvement inversé, il semble l’affronter dans et par l’écriture – l’écriture qu’on met en action comme force résistant à la mort -, comme une angoisse insurmontable. Ainsi donc, “la possession de l’Éternel est un bonheur trop stable pour son goût.”

Eddy A. Jean s’est ouvert une issue repliée sur le silence pathétique de Dieu et suit de près, assure par ses négations la relève des grands poètes lucifériens, en tenant compte, sur le plan littéraire, d’une poésie vertigineuse, suspendue aux lèvres d’un grand poète.

Que dire de Janine Tavernier, excellente poétesse, mais qui s’est éloignée de la “bataille poétique”. Peut-être a-t-elle raison de se méfier de ces gardiens de l’écriture qui l’ont blessée “au sujet de l’amour et de la révolution” ?

Qu’importe ! nous avons été ébloui par le talent de l’auteure, entre autres, de Naïma fille des dieux (1982), beau recueil d’une de nos femmes de lettres. La poésie, si l’on comprend bien Janine Tavernier, c’est livrer combat, c’est dire et tendre la main pour aider, c’est également partager nos cœurs à la saison des amours.

Le voyage secret des jeunes poètes haïtiens

Et de plus en plus, la poésie haïtienne contemporaine se porte à merveille avec l’arrivée de nouvelles publications comme, entre autres, celles de Lyonel Trouillot, de Rodney Saint-Eloi, de Dary Jean-Charles, de Lenous Suprice, de Henry Saint-Fleur, de Maurice Cadet, de Louis-Philippe Dalembert, de Louis-Jacques Lambert et de Saint-Valentin Kauss.

Lyonel Trouillot qui chante l’île, son île, est un élégant poète, digne successeur de René Philoctète ( Ces îles qui marchent, 1969 ). Beaucoup plus académique et moderne que son prédécesseur, le poète Trouillot plaît d’avantage par la sûreté de ses expressions qui traduisent sa douleur devant l’inconsciente misère d’un peuple, le “peuple” d’Haïti. Moderne, disons-nous, le poète Trouillot rejoint dans ses jeux de mots pronominaux l’autre compère d’Haïti littéraire Anthony Phelps, franc disciple de Paul Valéry et de Saint-John Perse, pour qui la poésie aurait gagné la liberté des mots par la seule présence des métaphores épilogues à ses amours de la page ( La bélière Caraïbe, 1980). La petite fille au regard d’île (1994) de Lyonel Trouillot est en somme une adhésion à la poésie du spectacle.

Nous ne devons pas oublier la poésie de Rodney Saint-Eloi, fier ami de Trouillot, qui n’a rien à envier au jeune poète de l’île. Avec la publication de deux excellents recueils, Voyelles adultes (1994) et Pierres anonymes (1994), Rodney Saint-Eloi se place sans aucun doute dans le peloton de tête des poètes avant-gardistes. Sa poésie qui rappelle également celle de René Philoctèle, est de bonne tenue sans toutefois céder à l’inconscience des mots et à la démence des phrases lourdes de profils. Poésie de l’amitié anonyme et adulte, favorable à l’éclosion des fleurs dans l’île.

Mais avec Dary Jean-Charles, sympathique auteur des Encres brûlées (1997), les phrases interdites et muettes, les mots brefs qui indiquent le mystère du poème, en somme la poésie de la vie intérieure surgit avec sa chevelure de rêves pour parler de liberté endormie et de mémoire engourdie. Nous soupçonnons alors le poète de trop lire et aimer Serge Legagneur, l’autre extrémité à la poésie de Clément Magloire Saint-Aude, le bohème.

Et nous avons également lu les Faits divers (1994) de Lenous Suprice, l’inséparable ami de Dary Jean – Charles. Si, par l’amitié et par la poésie, ils sont tous deux unis, les thèmes traités par Lenous Suprice ainsi que les affres de son écriture diffèrent totalement de ceux empruntés par Dary Jean-Charles. Ce dernier, beaucoup plus académique dans le choix des mots et dans la stylistique des phrases, demeure un poète spectaculaire. Le poète Suprice se targue plutôt dans les “faits divers” et dans la dénonciation des faces cachées de l’homme.

Mais suffit-il de lire de la même façon que tous les autres le poète Henry Saint-Fleur, partisan de la poésie des formes, pour le comprendre ?. Il paraît que c’est un luxe d’écrire de la poésie “de chambre”, surtout quand on est originaire de cette contrée du globe appelée Antilles. Pourtant, cette poésie a aussi son utilité dans la mesure où l’utilisateur comprend que la libre expression des mots a ses limites et que le poème est d’abord parole et silence après. Le recueil Transhumance (1994) de Henry Saint-Fleur peut être classé dans la catégorie des œuvres de silence où la poésie ne doit pas être comprise mais perçue comme un non-sens, non pas à la vie, plutôt à la vérité absente des lignes de l’idéal humanitaire. Cependant, de la bonne poésie, sans souillure ni regret, aura compensé cette quête de l’invisible et du sacré voulue par le poète Henry Saint-Fleur.

Et que faut-il dire de Maurice Cadet, poète sympathique de la région d’Alma (Québec)? Auteur, entre autres, de deux véritables “enchantements” poétiques, Haute dissidence (1991) et Itinéraires d’un enchantement (1992), Le poète Maurice Cadet récupère avec tristesse l’intolérance et l’hérésie sociale pour faire renaître le “soleil voilé …depuis l’enfance”. Désormais, tous les mots sont permis, toutes les écritures sont admissibles au parchemin de l’histoire littéraire. Avec Maurice Cadet, la poésie, matraqueuse des sens et des idées, prend d’assaut tous les palais de la liberté et tient l’allure d’une fillette en deuil. Être poète, semble-t-il affirmer, c’est tenir le flambeau de la “haute dissidence”.

Louis-Philippe Dalembert est également un contestataire, mais beaucoup plus tropical que le poète précédent. Dans des poèmes fugitifs aux accents dépestriens, l’auteur de Ces îles de plein sel (1995) dénonce, attend “blessure grande ouverte”, menace, invite au bal de la mémoire. Vivant actuellement en France, le poète se rappelle éperdument d’Haïti qu’il cite à maintes reprises dans son recueil revendicateur intitulé Et le soleil se souvient…(1989).

Mais avec Louis-Jacques Lambert, l’île nous attend transfigurée par une poésie qui interdit les métaphores, favorise les enchères des mots rares et précieux des vibrations tropicales. Le poète accuse l’instant des voiles de misère, mais de façon différente aux autres. Tout est là : la sûreté dans l’expression du dire, les réponses formelles, les correspondances en ponts d’arc-en-ciel, la nostalgie, les échos d’amour, la névrose et les paradoxes de l’histoire, le recyclage des loas; en somme, tout ce qui fait partie du folklore d’Haïti exposé dans un nouveau décor. Avec Passerelles de nuit (1982), Louis-Jacques Lambert partait gagnant dans la grande course à l’avant-garde poétique haïtienne.

Enfin, parmi les plus jeunes poètes haïtiens de la diaspora, on peut nommer Saint-Valentin Kauss qui fait souvent parler de lui. Propriétaire et directeur de la revue Prestige et du journal Présence, le poète se compte parmi les jeunes écrivains les plus actifs de sa génération. Il a déjà publié, à 37 ans, une demi-douzaine de plaquettes de poésie dont principalement Et puis dans sa fureur le vent (1983) et Oracles du visible (1992). Il est détenteur du Grand Prix littéraire de l’Association Haïtienne des Écrivains (1997).

Et puis dans sa fureur le vent, écrivait Christophe Charles, “n’est pas d’une explication facile (…). À tourner et à retourner les pages, on est forcé de reconnaître l’originalité des textes, c’est-à-dire leur singularité. En effet, ils ressemblent très peu à ce qui a été fait chez nous au 19 ième siècle et même dans les dernières décades dans le domaine poétique”.

“Ce qui frappe dans ses poèmes ”, continuait Charles dans Le Nouveau Monde (6 février 1984), “ce sont les jeux de mots, la quête exacerbée d’images nouvelles. Les phonèmes éclatent. Les phrases se déchirent sans point de suture. Le poème véhicule, inconsciemment, son autocritique.”

Oracles du visible (1992), de Saint-Valentin Kauss, s’apparente aussi au M’écrit de Denis Roche du groupe Tel Quel et s’infiltre par ailleurs dans la foulée poétique d’un Édouard J. Maunick pour qui la transposition musicale du poème est un programme imaginé avec plein de sensibilité et de fresques visuelles.

Poète modulant l’absence et la présence, fonçant vers l’irréel. Poésie kaléidoscopique…

CONCLUSION

La plupart de nos écrivains, paraît-il, ont la mémoire courte. Ils oublient ou font semblant d’oublier les travaux littéraires et critiques des hommes tels Louis-Joseph Janvier, Anténor Firmin, Dr Jean Price-Mars, Duraciné Vaval, Ghislain Gouraige, Dr Pradel Pompilus et Frère Raphaël Berrou, Raymond Philoctète, Maurice Lubin et combien d’autres auteurs qui ont “soulevé des montagnes”, ramené à l’ordre littéraire les poètes dissidents, conseillé les apprentis et moralisé les turbulents et les jaloux. Toute la littérature haïtienne actuelle leur doit honneur et respect dans la gratitude et le silence des mots. Et pour ne pas réveiller leur susceptibilité d’hommes d’action et de cœur, faisons à jamais nôtre ce poème de Carl Brouard décrivant les poètes que nous sommes:

Nous,
les extravagants, les bohèmes, les fous,
Nous
qui aimons les filles,
les liqueurs fortes,
la nudité mouvante des tables
où s’érige, phallus,
le cornet à dés.
Nous,
qui aimons tout,
tout :
L’église,
la taverne,
l’antique,
le moderne,
la théosophie,
le cubisme.

Nous
aux cœurs
puissants comme des moteurs
qui aimons
les combats de coqs
les soirs élégiaques,
le vrombissement des abeilles
dans les matins d’or,
la mélodie sauvage du tam-tam,
l’harmonie rauque des klaxons,
la nostalgie poignante des banjos.
Nous,
les fous, les poètes,
nous
qui écrivons nos vers les plus tendres dans des bouges
et qui lisons l’Imitation dans les dancings.
Nous
qui n’apportons point la paix,
mais le poignard triste
de notre plume
et l’encre rouge de notre cœur.
(Pages retrouvées)


Références

  • Jacqueline Beaugé-Rosier : D’or vif et de pain, éd. Louis Riel, Régina, Saskatchewan (Canada), 1992.
  • Jacques Charlier : Le scapulaire des armuriers, s.n.é., New York, 1976.
  • Jacques Charlier : La part des pluies, s.n.é., New York, 1977.
  • Eddy Arnold Jean : Horaire du vent, éd. Jacques Soleil, New York, 1984.
  • Lyonel Trouillot : La petite fille au regard d’île, éd. Mémoire, Port-au-Prince, 1994.
  • Rodney Saint-Eloi : Voyelles adultes, éd. Mémoire, Port-au-Prince, 1994.
  • Rodney Saint-Eloi : Pierres anonymes, éd. Mémoire, Port-au-Prince, 1994.
  • Dary Jean-Charles : Encres brûlées, éd. Humanitas, Montréal, 1997.
  • Lenous Suprice : Faits divers, éd. du CIDIHCA, Montréal, 1994.
  • Janine Tavernier : Naïma fille des dieux, éd. Naaman, sherbrooke (Québec), 1982.
  • Henry Saint-Fleur : Transhumance, éd. du CIDIHCA, Montréal, 1994.
  • Maurice Cadet : Haute dissidence, Écrits des Forges, Trois-Rivières (Québec), 1991.
  • Maurice Cadet : Itinéraires d’un enchantement, Écrits des forges, Trois-Rivières (Québec), 1992.
  • Louis-Philippe Dalembert : Ces îles de plein sel, éd. Terre des signes, Paris, 1995.
  • Louis-Jacques Lambert : Passerelles de nuit, éd. Choucoune, Port-au-Prince, 1982.
  • Saint-Valentin Kauss : Et puis dans sa fureur…le vent, Kauss éditeurs, Montréal,1983.
  • Saint-Valentin Kauss : Oracles du visible, éd. Humanitas, Montréal, 1992.